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Charpentiers d'Europe et d'ailleurs
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Les mystères d'une caisse à clous

La bisaiguë de Paul Dubois Paul Dubois en 1981 montrant sa manière de tenir la bisaiguë.

Comme l'a montré Maurice Pommier, auteur de l’album Dans l’atelier de Pépère, l'assortiment des outils d'un ouvrier à la main, c'est l'histoire de sa vie, et souvent celle de plusieurs autres personnes qui l'on précédé, et qui ont transmis des parcelles de leur expérience. C'est aussi celle – quand on l'a connaît – des artisans qui ont fabriqué ces outils. Pour le charpentier français d'aujourd'hui, il n'existe guère de rapport intime avec ses outils, produits en grande série et souvent destinés à être changés fréquemment. Les scies par exemple ne s'affûtent plus, elles se jettent après un ou deux mois d'usage intensif.
Un charpentier rural comme Paul Dubois, affûte au contraire à maintes reprises sa bisaiguë, lorsqu'elle est usée, il demande au forgeron de la recharger avec des nouveaux tranchants. Quant aux vieilles parties usées de la bisaiguë, il les utilise encore comme ciseau, ou comme burin. Entre Paul Dubois et sa parenté, on se transmet les outils en même temps que les tours de main qui les accompagnent. L'ouvrier est attaché à ses outils et à sa manière très personnelle de les affûter. Une hache à équarrir, par exemple, ne se prête pas : une mauvaise manœuvre est si vite arrivée et le temps d'affûtage est long pour rattraper une brèche dans la lame. Toutefois les outils ne sont pas individualisés par des marques particulières ou même des initiales. Les outils sont très sobres, et « sans fantaisie » comme disait Paul Dubois. C'est bien différent du rapport aux outils qu'entretiennent les Allemands ou les Britanniques, chez qui l'outil doit être efficace et beau, voire décoré. Chez les Suédois, un charpentier marque systématiquement son outil, il en connaît l'histoire, il sait qui l'a fabriqué, même si l'outil est ancien.

Les outils, c'est l'histoire de sa vie, et souvent celle de plusieurs autres personnes qui l'on précédé.

Les objets présentés ici représentent la quasi totalité des outils que Paul Dubois avait conservés à Muidorge (Oise) dans son atelier. Il n'avait pas conservé ses chèvres de levage, ses scies de long et ses tréteaux.
Paul Dubois avait trois catégories d'outils : ses outils d'atelier, destinés à son activité de menuiserie, de tonnellerie, de charronnage et d'entretien, d'autres part ses outils portatifs de charpentier contenus dans la caisse et la sacoche présentés ici, et enfin ses outils de chantier lourds qu'il demandait au client d'acheminer en charrette au début du chantier.
Paul Dubois ne possédait aucun livre ou manuel techniques.

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France, Muidorge
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