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Charpentiers d'Europe et d'ailleurs
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Paul Dubois - charpentier picard (1898-1992)

Paul Dubois en 1916, pendant la guerre de 14-18. Levage à Fouquerolles (Oise), 1911.

La figure de Paul Dubois illustre bien la place d'un artisan issu d'une longue lignée de charpentiers de campagne dans la Picardie du début du XXe siècle.
Dans la famille Dubois, on est charpentier de père en fils depuis au moins le XVIIIe siècle au Nord de Beauvais, à Rotangy, Muidorge et Lafraye. La transmission du métier s'opère aussi par les femmes. On bâtit à l'usage du pays, avec les bois fournis par les cultivateurs. Le charpentier ne travaille qu'à la main, il choisit et abat ses arbres. Il équarrit à la «cognée » et scie de long. Il démonte ou roule des bâtiments et construit en pan de bois, non par goût du néo-rustique, mais parce que vers 1925 dans cette campagne conservatrice, certains clients le demandent encore.
Fils de Victoris Dubois, patron charpentier, Paul apprend dès l'enfance à tailler des mortaises à la tarière et la bisaiguë. Comme les trajets se font à pied ou à vélo, on ne prend alors que des chantiers dans un rayon de 7 km.

Dans la famille Dubois, on est charpentier de père en fils, mais la transmission du métier s'opère aussi par les femmes.

La discipline est rude, si l'enfant oublie un outil à maison, on attend qu'il s'aperçoive de sa distraction et on le renvoie le chercher à pied. On travaille en famille, le cousin Lucien Flandre et le neveu Gaston Grenot sont associés à la construction de grands hangars agricoles conçus comme des bâtiments industriels mais taillés entièrement à la main, sciage de long des poteaux et des moisesAssemblage formé de deux pièces de bois jumelles fixées de chaque côté d’une ou de plusieurs autres pièces qu’elles relient et qu’elles maintiennent (du latin mensa, table). compris.
Paul Dubois part à la guerre en 1916 comme sapeur-mineur, ce sera le seul voyage lointain de sa vie, et avouera n'être jamais allé à Paris. Il revient travailler avec son père à Muidorge, puis hérite de l'entreprise et de tout le matériel, parfois très ancien puisque en famille depuis si longtemps. Paul Dubois ne pratique pas le trait de charpenteEnsemble des procédés graphiques qui permettent la réalisation des épures, à partir desquelles sont taillées les pièces de charpente. et trace avec aisance les ouvrages dont il a besoin à l'aide de perches, et ne recule devant aucun travail. Pour rendre service au village, il réalise aussi bien les tonneaux, que les cercueils, des meubles ou du charronnage. Paul Dubois employait encore certains termes techniques propres à la Picardie du XVIIIe siècle, comme « ventrières », « sous-chevrons », « pernes ».

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France, Muidorge
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