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Charpentiers d'Europe et d'ailleurs
Modèles de « largeot » Publicité pour le « Falzar »
Plus le pantalon est large, plus l’homme est fort, avaient coutume de dire les compagnons charpentiers.

L'origine du large pantalon de velours, le « largeot » tient à la conjonction de deux facteurs : la mode des pantalons « flottard », en vogue dans la première moitié du XIXe siècle, qui entraîne notamment le port des pantalons de cavalerie « à la hussarde » est le premier ; le second concerne l'adaptation de ces formes de pantalons aux activités des charpentiers et des travailleurs de force.
C'est Adolphe Lafont qui peut être considéré comme le père de ce vêtement de tradition. Ce tailleur lyonnais dépose en effet la première marque française de vêtement de travail en 1896. Son premier modèle de vêtement sera le « largeot » des « coteries », c'est-à-dire des compagnons du bâtiment. Il est noir pour les charpentiers et les couvreurs, mais crème pour les tailleurs de pierre. Sa plus grande particularité en demeure la forme caractéristique. Elle est très évasée sur la cuisse et rétrécie sur le mollet (forme dite « demi-hussard ») ou très évasée sur la cuisse et encore plus sur le mollet, mais rétrécie à la cheville (forme dite « demi-ballon»). Le pantalon est confectionné dans de robustes velours Cosserat à grosses côtes dites « câbles », d'un poids formidable de 650 g au m2, ou encore en velours uni dit « peau de taupe », ancêtre de l'actuelle palatineType de velours de coton ras utilisé dans la confection des pantalons de travail; on utilisait aussi la velventine, le jonc, le câble et la peau de taupe. Ces techniques de tissage et d'apprêt nées en Grande-Bretagne ont été développées à Amiens au XVIIIe siècle..

Plus qu'un vêtement, le costume du charpentier est presque une maison.

Ces pantalons sont de véritables monuments, dont la raideur est renforcée par un apprêt à la colle d'os sur la face interne du velours. Comme on le dit plaisamment à l'époque, le gars du bâtiment même complètement ivre, doit tenir debout tout seul grâce à son pantalon. Ce vêtement ne doit d'ailleurs pas être lavé, mais seulement battu et brossé. Il est adapté aux évolutions de l'ouvrier sur un toit : c'est alors que le « coterieTerme employé chez les compagnons pour désigner les ouvriers qui travaillent sur les échafaudages et en extérieur. S'oppose au mot pays, désignant les ouvriers travaillant en intérieur. » a besoin d'une forme ample pour se baisser, mais d'un rétréci aux chevilles pour éviter de trébucher. La poche passepoilée de la cuisse droite abrite le mètre pliant, le crayon et la jauge. La patte de serrage arrière permet d'accrocher le marteau, tandis que la poche de gousset accueille la craie à tracer ou même la gousse d'ail pour soulager les piqûres d'insecte.
Outre le pantalon, le charpentier endosse le « coltin », ou veste à col chevalière, parfois complété d'un gilet.
Plus qu'un vêtement, le costume du charpentier est presque une maison. Il revêt en tout cas une valeur d'emblème pour des générations de jeunes compagnons sur le Tour de France, qui ont promu ce vêtement de travail au rang de costume de cérémonie souvent porté avec la canne et l'écharpe corporative.

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