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Charpentiers d'Europe et d'ailleurs
Villard de Honnecourt. Force et astuce technique sont nécessaires à la réalisation du levage.
« Vers le toit, toutes les pensées sont claires. Dans le grenier, on voit à nu, avec plaisir, la forte ossature des charpentes. On participe à la solide géométrie du charpentier. »

Ces propos du philosophe Gaston Bachelard nous éclairent sur la forte valeur symbolique et technique accordée en général à l'acte de construire en bois et à la fonction de l'homme de métier. Selon un anthropomorphisme sans doute très ancien, la charpente en bois d'une maison a été souvent comparée au squelette du corps humain. Ainsi, en bas latin, le terme fabrica désigne tout à la fois l'arbalétrier d'une fermeAssemblage de pièces de bois destinés à supporter la charpente d’un toit ou qui portent le faîte d’un comble. et la colonne vertébrale de l'homme.

Le travail manuel réalisé par le charpentier comporte une forte valeur ajoutée par rapport au matériau d'origine : l'arbre. Son rôle est tant d'ordre économique et technique, que symbolique.
Le charpentier par son aptitude à lire des plans, à penser en volume, à modifier durablement et rapidement les formes, occupe une place importante dans les représentations autour de la maison et du cadre bâti. Dans de nombreux contextes avant la consolidation des statuts d'architecte et d'ingénieur en France (XVII et XVIIIe siècles), le charpentier peut jouer le rôle de maître d'œuvre et de coordinateur du chantier. Il conserve cette fonction en milieu rural tant que n'interviennent pas les questions de permis de construire. Il est souvent instruit.

Le charpentier a parfois le verbe haut et le tempérament dominateur. On le dit enjoué et amateur de plaisanterie.

Le charpentier répond volontiers à des archétypes dans les représentations : homme de jugement et de décision rapide, il a parfois le verbe haut et le tempérament dominateur. Il n'est pas toujours l'homme du compromis et de la subtilité. On le dit enjoué et amateur de plaisanterie. Il est habitué à la compagnie puisque astreint le plus souvent au travail de groupe.

En France, le charpentier apparaît dès le XIIe siècle comme un professionnel distinct des autoconstructeurs ou des autres villageois. Dès cette époque sa technicité très poussée le guide vers une reconnaissance spécifique de son statut social. Il est possible qu'à cette époque l'adoption presque généralisée de l'assemblage à tenon-mortaise s'accompagne de la technique élaborée du piquage au plombOpération de traçage des bois de charpente pour déterminer les assemblages qui vont les solidariser. Le fil à plomb de charpentier, percé en son centre, sert de référence pour localiser avec précision les emplacements des assemblages à tracer., et que la mise en pratique de cette technologie s'accompagne d'une autonomie de la fonction sociale du charpentier.
De nos jours, la maîtrise des tracés, dite « art du trait de charpente » est en France un passage obligé dans la reconnaissance sociale du professionnel. Mais l'évolution des techniques vers une mécanisation grandissante laissera-t-elle place dans le futur à un charpentier capable de maîtriser tous les aspects du métier ?

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