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Charpentiers d'Europe et d'ailleurs
Fête de Richtfest Bouquet de charpentiers

Aujourd'hui disparus ou extrêmement simplifiés, des rituels accompagnaient presque partout l'étape importante de l'achèvement de la maison et du toit. Par sa présence sur le faîte du toit, le charpentier jouait donc un rôle important dans ces actes à caractère symbolique et social. Comme le dit Mircea Eliade « Chaque maison que l'on bâtit, c'est imiter une nouvelle fois, et en un certain sens, répéter la création du monde ».
Dans le monde rural roumain encore très attaché aujourd'hui aux pratiques magico-religieuses, lors de l'achèvement de la construction de la maison, on doit s'assurer d'obtenir apaisement des forces maléfiques, santé, longévité, harmonie du couple et abondance (Larionescu, 1993). Des anciens sacrifices sanglants rapportés par la littérature orale, il ne subsiste que des aspects édulcorés et symboliques. En Roumanie encore aujourd'hui, on dresse au sommet des chevrons un sapin ou un rameau vert décoré de fleurs en papier ou de rubans. C'est à ce moment que l'on remercie les charpentiers en les invitant à un repas et en leur offrant des objets attachés au sapin : serviettes, mouchoirs, vêtements et bouteille de vin. Il faut les payer très bien, qu'ils soient contents. Celui qui paye mal n'aura pas de bonheur (Larionescu, 1993). Le rituel est évidemment collectif.

« Chaque maison que l'on bâtit, c'est imiter une nouvelle fois, et en un certain sens, répéter la création du monde. »
Mircea Eliade, Traité d'histoire des religions, Paris, Payot, 1970, p. 319

En Allemagne, la pratique du Richtfest(terme allemand) Rituel d'achèvement de la construction destiné à porter bonheur à l'édifice et à remercier les constructeurs. est encore vivante, et s'accompagne souvent d'un Spruch (poème lu à haute voix par le maître artisan).
Le bouquet de faîtage se voit encore parfois en France, accroché par le plus jeune de l'équipe.« Quand le pignon était à hauteur, on juchait un bouquet de ce qu'on avait sous la main. Ça symbolisait l'honneur d'avoir bien travaillé. Le patron de la maison payait un coup à boire aux travailleurs » (Bertrand, 2006).
La pose rituelle de la dernière cheville d'assemblage peut présenter un caractère particulier : c'est la « cheville du propriétaire », particulièrement décorée, que l'on observe en Normandie, ou encore la « cheville frisée », à symbole sexuel, que la femme du propriétaire aura bien du mal à frapper au maillet. À chaque fois, le nombre de coups de maillet nécessaires est compté par l'assistance, et équivaut à autant de coups à boire offert par le client.

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Allemagne, France, Roumanie
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