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Charpentiers d'Europe et d'ailleurs
Exploitation des bois Pan de bois normand (Eure)

Pour bâtir en charpente, il faut commencer par repérer et choisir ses bois dans la forêt. Tous les arbres ne se prêtent pas à la construction. Ainsi le hêtre, cassant, et le tilleul, fragile, sont rejetés par les charpentiers. À peu près toutes les autres essences ont pu être utilisées en France selon les lieux et les périodes, à condition de savoir les choisir et les mettre en œuvre. Le chêne a de loin été préféré dans toutes les régions où on pouvait s'en procurer, soit sur place, soit par flottage ou routage.

Chaque essence a des caractéristiques propres qui favorisent certains emplois : l'orme et le charme sont recherchés en charpente mécanicienne car leur fil est noueux. Le peuplier et le grisardHybride de peuplier et de tremble, apprécié en charpente au XIXe siècle. ont été recherchés au XIXe siècle pour leur légèreté dans les combles, mais sauf en Champagne, ils n'ont pas été disposés en pan de bois par crainte de pourrissement. Le frêne abattu en lunePériode du calendrier autrefois respectée pour l'abattage du bois de construction. Très généralement la lune descendante, ou vieille lune, est recommandée pour l'abattage des feuillus. La lune noire (absence de lune) est particulièrement recherchée, permettant semble-t-il d'obtenir un bois très stable au séchage. La lune rousse (entre 5 avril et 6 mai) est citée en Picardie pour l'abattage du frêne. rousse résiste bien aux attaques des insectes sauf en extérieur. Les fruitiers ne fournissent pas de longues pièces mais ont pu servir faute de mieux en Picardie. Les résineux droits et légers ont été recherchés pour les longues portées. L'importation en France des bois de Scandinavie et des pays baltes est attestée de longue date. Le châtaignier passe pour avoir été très fréquemment utilisé dans les charpentes monumentales en France. C'est une curieuse légende, car le plus souvent il s'agit en fait de chêne. Le châtaignier n'a été utilisé que dans de rares régions où il pousse massivement comme les Cévennes.

Le charpentier tire parti de toutes les pièces de bois.

Le charpentier sait reconnaître sur l'arbre les défauts internes du bois. Il en existe de nombreuses sortes, tels les nœuds vicieux, les roulures et autres gélivures, qui retirent au bois toute résistance mécanique. Le meilleur chêne est celui qui a bénéficié d'une croissance rapide.

Le charpentier tire parti de toutes les pièces de bois, et recherche les pièces tordues en un plan. Ces pièces aujourd'hui inutilisables en scierie moderne pouvaient autrefois avoir une grande valeur dans la marine à voile. Les beaux cintres étaient même préemptés pour la marine de guerre. En charpente de comble, on recherche également des cintres pour les arbalétriersPièce de bois inclinée selon la pente du toit, faisant partie de la charpente, assemblée au sommet du poinçon et à l’extrémité de l’entrait. et les jambes de forceChacune des deux pièces de bois inclinées et posées vers les extrémités d’une poutre pour la décharger en diminuant sa portée. . Certains jeux de forme facétieux ou symboliques existent même parfois dans des bâtiments anciens, lorsque l'arbre s'y prêtait.
Le bottage des arbres de haut jet a été quasi systématique dans le nord de la France pour permettre de tailler en hauteur et à la main des branches de valeur, et éviter ainsi un abattage qui pouvait se révéler désastreux. Les botteurs ou émondeurs sont des bûcherons spécialisés particulièrement agiles, qui escaladent les troncs grâce aux griffes qu'ils fixent sous leurs pieds.

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