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Charpentiers d'Europe et d'ailleurs
Abattage d’arbres, XVe s. Botteur en forêt (Allier)

Le charpentier préindustriel se faisait souvent bûcheron à la campagne. Souvent perdu au XXe siècle, un savoir très spécifique concernait la période idéale pour l'abattage, respectant la sève basse (en hiver) mais aussi la période lunaire favorable à une bonne stabilité dimensionnelle du bois.

"Un bois coupé du 1er octobre au 1er janvier quand la sève est sans action, aura toute la qualité qui lui est propre." Jean Bazile Thomas, Traité général de statistique, culture et exploitation des bois, Paris, Bouchard Huzard, 1840, p. 254

L'abattage hivernal permet d'éviter la présence de feuillage volumineux. C'est en outre la période où les travailleurs ruraux sont plus disponibles.
L'outil le plus ancien pour l'abattage des troncs d'arbre est la hache. Toutefois probablement dès l'époque romaine l'abattage à la scie t passe-partout était déjà pratiqué. Dans l'iconographie médiévale, l'abattage se fait à la hache, et on ne rencontre apparemment le passe-partout qu'à partir du XVIe siècle.
Dans la première moitié du XXe siècle encore, les gros et beaux arbres sont taillés en hauteur à la hache par des bûcherons spécialisés, juchés sur leurs griffes, appelés botteurs.
Un abattage classique démarre par une entaille à la hache du côté où l'arbre a son penchant. Les bûcherons attaquent ensuite l'autre côté du tronc à la scie jusqu'à rejoindre la première entaille. Des coins plantés au fur et à mesure permettent de soulager la scie du poids du tronc. Si l'abattage est difficile, on peut aussi guider le haut de l'arbre par des cabestans et des cordes. Le tronc tombe en laissant apparaître sa tranche claire : c'est un abattage à cul blanc. L'abattage à cul noir, plus long et difficile, était autrefois pratiqué en coupant en profondeur les racines, ce qui permettait de déterrer en même temps la souche.

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