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Charpentiers d'Europe et d'ailleurs
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Maison de la chancellerie, Blois

Maison de la chancellerie, Blois (Loir-et-Cher). XVIe siècle. Charpente à la Philibert de l’Orme. Maison de la chancellerie, Blois (Loir-et-Cher). XVIe siècle. Maquette de la charpente.
Inscrit à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 03/12/1930 et le 02/10/1946

Ce bâtiment, situé 11 rue du Lion-Ferré, est connu sous l'appellation tardive de chancellerie du présidial. Construit dans la seconde moitié du XVIe siècle, il se compose d'un seul corps, de plan massé, donnant sur une petite cour. La charpente semble homogène, elle est numérotée du sud au nord en chiffres romains et est datée de 1566 par dendrochronologieMéthode de datation du bois par l’examen des cernes annuels de croissance.. Elle adopte le principe des charpentes d'assemblage tel qu'il est exposé par Philibert De l'Orme(vers 1510-1570) Architecte, dessinateur et théoricien français, il conçut des édifices majeurs (châteaux, tombeau de François Ier, palais des Tuileries) et joua un rôle important comme théoricien. dans ses Nouvelles inventions pour bien bâtir à petits frais publiées pour la première fois en 1561 : des planchettes disposées sur champ assemblées les unes aux autres forment des arbalétriersPièce de bois inclinée selon la pente du toit, faisant partie de la charpente, assemblée au sommet du poinçon et à l’extrémité de l’entrait. courbes. Ces planchettes sont maintenues par des liernes fixées au moyen de chevilles. Aux dires de Philibert De l'Orme, ces charpentes constituées de bois de petites sections permettaient de contourner les difficultés liées à l'approvisionnement en bois longs de section suffisante. Les charpentes d'assemblages, également appelées « charpentes à la Philibert De l'Orme » ont eu un succès très relatif aux XVIe et XVIIe siècles, sans doute en grande partie à cause de la réticence des charpentiers à se voir imposer ce principe qui est étranger à leurs pratiques. Très vite, il n'est plus question du principe mis au point par Philibert dans les traités. En revanche, le procédé, repris et largement diffusé par l'intermédiaire du Traité de l'art de charpenterie du colonel Emy publié à Liège entre 1841 et 1847 connaît un certain succès au XIXe siècle : les charpentes d'assemblages permettent en effet de couvrir des édifices de portée considérable.

Bibliographie

  • Annie Cospérec (Annie), 1994, Blois, la forme d'une ville, Cahiers du patrimoine, Imprimerie nationale, Paris.
  • Pérouse de Montclos (Jean-Marie), 1991, « Difficultés d'approvisionnement en grands bois et innovation technique dans la charpente française des temps modernes », in Le bois et la ville du Moyen Age au XXe siècle, Colloque organisé à Saint-Cloud les 18 et 19 novembre 1988 par le centre d'histoire urbaine de l'ENS de Fontenay-Saint-Cloud et le groupe d'Histoire des Forêts françaises, actes édités par Biget (Jean-Claude), Boissière (Jean) et Hervé (Jean-Claude), introduction par Daniel Roche, ENS Fontenay-Saint-Cloud, p. 223-235
  • Pérouse de Montclos (Jean-Marie), 1991, « La charpente à la Philibert de l'Orme, réflexions sur la fortune des techniques en architecture », in Guillaume (Jean), dir., Les chantiers de la Renaissance, actes des colloques de Tours de 1983-1984, coll. « De architectura », Université de Tours, Centre d'études supérieures de la Renaissance, Picard, Picard, p. 27-50.
  • Pérouse de Montclos (Jean-Marie), 2000, Philibert de l’Orme, architecte du Roi (1514-1570), Mengès, Paris.

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